25.04.2008

Where do you go to my lovely

Pour ceux qui auraient apprécié le côté délicieusement kitsch (et répétitif) de la chanson de Peter Sarstedt dans le dernier film de Wes Anderson, A bord du Darjeeling Limited, et qui souhaiteraient donner un petit air désuet à un moment de leur journée - par exemple dans un bain moussant - je me fais un devoir de partager :

 

free music

24.04.2008

Words without thoughts...

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"My words fly up, my thoughts remain below,

Words without thoughts never to heaven go" 

 

Claudius, in Hamlet, III, 3.

23.04.2008

La tache rouge

L'une des toutes premières expos que j'aie faites à Paris remonte à l'été 2004, lorsque je suis allée au Luxembourg voir des autoportraits du XXe siècle. Une succession de visages, d'interprétations de soi, et puis, soudain, dans la dernière salle, un tableau qui me happe brutalement et dont je ne parviens pas à me détacher.

 

Je viens de faire connaissance avec Helene Schjerfbeck.

 

Je n'ai pas été spécialement surprise d'apprendre qu'elle était finlandaise, les peintres nordiques ayant le don d'apporter une note d'âpreté, de violence contenue et de poésie douloureuse à leurs oeuvres. La Finlande, terre de solitude où l'artiste s'est isolée du monde, se consacrant à son art, tout en introspection.

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La jeune fille aux joues roses, toute en courbes douces, précède une succession de visages de plus en plus anguleux, marqués par des traits de plus en plus durs, noirs, épurés, au regard de plus en plus inquiet. Sans complaisance aucune, l'artiste se regarde vieillir et interroge sans cesse sa propre décrépitude, son propre glissement vers la mort. Ses dernières toiles ne sont pas sans rappeler, de ce point de vue, le dernier tableau de Munch, où le jeune dandy arrogant des débuts a laissé place à un vieillard affaibli, debout entre l'horloge qui rythme ses derniers instants et le lit qui recevra son dernier souffle .

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L'autoportrait à la tache rouge, celui-là même qui m'avait tordu les tripes il y a quatre ans, reste pour moi son oeuvre la plus poignante. Cette tache rouge, au goût de sang, hypnotisante, comme une dernière trace de vie dans un visage qui a perdu presque tout contour.

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 (Bon, bien sûr, sur ce blog en noir et blanc, difficile de voir la tache rouge, c'est pourquoi je vous enjoins vivement à jeter un oeil sur une version couleur, par exemple ici : Autoportrait à la tache rouge).

21.04.2008

A petits pas sur le rivage

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Tes pas, enfants de mon silence,

Saintement, lentement placés,

Vers le lit de ma vigilance,

Procèdent muets et glacés.

 

Personne pure, ombre divine,

Qu'ils sont doux, tes pas retenus !

Dieux ! ... tous les dons que je devine

Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,

Tu prépares pour l'apaiser,

A l'habitant de mes pensées,

La nourriture d'un baiser,

 

Ne hâte pas cet acte tendre,

Douceur d'être et de n'être pas,

Car j'ai vécu de vous attendre,

Et mon coeur n'était que vos pas. 

 

Paul Valéry, Les pas.

20.03.2008

Les larmes des statues

Un après-midi pluvieux à Paris, comme il y en a tant, transcendé par une balade nonchalante dans les jardins du musée Bourdelle. Délavées par la pluie, ses imposantes statues semblent comme baignées de larmes salées, ce qui leur confère une certaine fragilité, une presque humanité, qui viennent créer un doux contraste avec leur monumentalité.


 

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