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09.05.2006

Words, words, words

Elseneur, témoin de tous les drames, de la folie au meurtre, voilà qui est plutôt gai pour un nom de blog...
Elseneur, aux contours imprécis, noyé dans la brume, avec ses fantômes, ses reines adultères, ses cimetières.




Elseneur, berceau d'Hamlet, qui lutte avec une seule arme, la plus dérisoire, la plus incertaine et finalement la plus grandiose : les mots, pour reconstruire une réalité, interroger le monde, fuir, se protéger, accuser, et surtout éviter d'agir.
Hamlet, qui meurt sur ces mots, "the rest is silence", constat d'échec du rêveur face à la vie.


Alors quoi, si la vie est une pièce, dans la mienne il y a un décor, c'est Paris, la ville que j'apprivoise en pointillés depuis deux ans, et en presque continu depuis deux mois, qui se révèle et se donne peu à peu. Les acteurs, c'est moi, avec mes cheveux rouges, mes fantômes, mes contradictions et mes vaines tentatives de faire quelque chose avec les mots ; et puis c'est l'Homme que j'aime, la lumière et les ténèbres, qui est à l'origine de tout ça ; les amis éparpillés un peu partout du pays des chaussettes dans les tongs à celui des blancs crémeux de Vermeer.

Et puis tout le reste, tout ce qui fait le sel de la vie. La voix sombre de Leonard Cohen, les ocres de Ghirlandaio, les sauts de bouquetin fou dans les vertes contrées nordiques, les voeux qu'on fait en évitant les interstices entre les pavés sur les trottoirs, les petits riens, les petits tout.

Commentaires

Suivons nos ombres folles !

Vivement la suite de l'histoire...

Ecrit par : Henri | 17.05.2006

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