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14.06.2006

Surveillance d'examens

Dernière surveillance d'examens aujourd'hui, avec tous les clichés habituels qui rendent ces moments si particuliers. Amphi étouffant peuplé d'étudiants rougeauds au bord de l'évanouissement (certains ont carrément tombé la chemise, c'est dire), dont j'arpente 4 à 4 les marches en me liquéfiant sur place pour distribuer du brouillon, mais il y a toujours celui qui arrive en retard et n'en a pas eu - "M'dame!" m'apostrophe-t-il effaré en agitant la main comme s'il disait au revoir à sa famille du pont d'un ferry...

 

Suivent les joyeux problèmes administratifs "ben non, j'ai pas de carte d'étudiant" - "ben non je suis pas sur la liste" - et je vois dans le regard des mes collègues que le prochain qui se pointe avec son air de ne pas y toucher va se faire recevoir en beauté. Ca ne rate pas : la fille fond en larmes, elle est surmenée, et puis elle a des problèmes en ce moment, son copain vient de se faire arrêter pour fumage intensif de cannabis, et pour couronner le tout - "c'est quand même le pompon !" - son chat a une gastro, alors bon, elle a oublié sa carte, c'est pas sa faute, quoi...

 

Suivent enfin les "ah" et autres "oh non" à la découverte du sujet que je distribue fébrilement avant que leurs mains impatientes me mettent en pièces telle une chemise de Mike Brant.

 

Et puis on passe à la phase de concentration. Certains ont utilisé leur feuille de brouillon pour se fabriquer des éventails et les secouent énergiquement en bâyant aux corneilles. Un autre a soigneusement posé son sujet parallèle au coin de table et entame une bonne sieste qui connaîtra une fin abrupte quand j'irai bravement le secouer pour lui annoncer qu'il est le dernier dans l'amphi. Certaines couvrent dix copies d'un stylo vengeur pendant que les autres en sont encore à se demander qui est ce foutu Colbert. Il y en a un qui débarque une heure après, quelqu'un dehors lui avait dit qu'il se passait quelque chose ici, alors il venait voir, des fois que ça le concerne.

 

 Moi, pendant ce temps, je monte (tout comme ma température corporelle, d'ailleurs) et descends sans fin ces p... d'escaliers pour distribuer de nouveaux brouillons, de nouvelles copies, non sans me prendre les pieds dans les lanières des sacs et effectuer quelques gracieux boucles-piqués du plus bel effet pour retrouver mon équilibre (et ma dignité) mais personne ne remarque, ils viennent de se rappeler que Colbert est "en quelque sorte le meilleur ami de Louis XIV", ça promet quelques belles pages sur les amitiés franches et viriles au 17e siècle, malheureusement ce n'est pas le sujet.

 

Demain, j'attaque les corrections, je sens déjà les perles. Rien qu'en feuilletant les copies, j'ai déjà repéré le monarchiste à l'oeil humide et la poitrine gonflée de regrets qui propose en conclusion qu'on mette la tête de ce cher Colbert sur les timbres ; sans parler du poète qui attaque les problèmes économiques en alexandrins, ça ne fait pas de mal dans ce monde de brutes ; et sans oublier tous ces optimistes qui te soutiennent sans faillir, à grands renforts d'hyperboles, que les progrès de la Marine sont tels qu'on peut exporter des oeufs frais aux Antilles (on ne sait pas dans quel état ils vont arriver...).

 

Bref, voilà qui promet une belle semaine riche en enseignements et en informations de toutes sortes. 

A suivre...

 

08.06.2006

Les ponts

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                                       Des entre-deux,

                                           comme les trains,

                                           comme les tunnels,

                                           comme le crépuscule,

                                          

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comme le demi-sommeil, quand des rêves courent sous nos paupières.

 

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On n’est pas vraiment sur terre et pas complètement sur l’eau.

On est en attente.

Quelque chose se trouve au bout, mais le meilleur c’est encore de le désirer, de le fantasmer.

 

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Le temps de passer le pont, on n’est nulle part.

 

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On est en devenir.

06.06.2006

On est peu de choses...

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"Il est possible de trouver un sens émouvant à sa vie lorsqu’on a conscience d’avoir réussi à échapper à son destin" (Jean Baudrillard)

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Il est des lieux que Dupront qualifie de cosmiques, où le rideau qui sépare l’humain du divin se déchire soudain.
On se sent alors étonnamment vivants.
Et rien d’autre ne compte.


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les sushi du dimanche

medium_292_9246.3.JPGA Paris, le luxe c’est de pouvoir manger à n’importe quelle heure.

Déguster des sushi en guise de petit-déjeuner à 4h de l’après-midi le dimanche, le cheveu un peu en bataille, l’œil un peu torve – soit qu’on ait fait la fête la veille, soit qu’on ait des voisins alcooliques fans de Mariah Carey se faisant des déclarations d’amour avinées à poil sur le palier à des heures indues, soit les 2 – c’est un plaisir que j'ai découvert ici.

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