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20.11.2006
Envie d'Inde
Peut-être est-ce dû aux premiers froids d'automne, aux ciels qui se teintent de gris, aux visages plus fermés des passants, ou plus simplement encore à la superbe pub pour un parfum à la fleur de cerisier du Japon et au thé blanc de Chine : j'ai envie d'Asie. Et particulièrement d'Inde. J'ai envie de couleurs chatoyantes, de senteurs d'épices et d'encens, d'un peu de sérénité (des clichés, quoi).
Du coup, en ce moment, je lis encore plus que d'habitude de la littérature indienne. C'est une littérature toute douce, aérienne, pleine de finesse, parfois drôle (comme le Swarup), souvent profonde, émouvante et poignante. C'est une littérature qui nous met face à nous-mêmes, écrite dans une très belle langue empreinte de beaucoup de mélancolie.
Je ne peux donc que recommander chaleureusement des ouvrages comme ceux-là, des classiques, un vrai bonheur :
l'excellent et picaresque :



16:35 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Inde
17.11.2006
"And after all, I'm only sleeping"
Les cimetières protestants, et particulièrement ceux des pays nordiques, dégagent une impression de sérénité qui donne envie de s’asseoir sur un banc parmi les arbres tordus et les herbes folles pour arrêter un peu le cours du temps et se recentrer.

Quand elle est morte, la seule chose dont je me souvienne est de m’être arrêtée pour regarder les branches d’un arbre onduler légèrement dans le soleil hivernal, et c’est là que m’a frappé l’idée que le monde allait continuer à tourner, sans elle, alors même qu'elle n'était plus là. Depuis, le bruissement des feuilles dans les arbres me fait inexorablement penser à ça, au monde qui continue à exister quoi qu'il arrive.

14:00 Publié dans La mélancolie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, voyages
16.11.2006
noir & blanc
Mon blog a un petit côté pompeux (et pas voulu, pourtant), je trouve.
Shakespeare, Beethoven, du noir et blanc...
Ma vie, pourtant, est plutôt colorée : j’ai les cheveux rouges, c’est dire. Mais peut-être qu’à force de sourire tout le temps à tout le monde et d’être marrante parce que les gens vous préfèrent comme ça, il arrive un moment où ce qu’on veut extérioriser, ce sont nos démons, nos angoisses, nos moments de tristesse infinie, la fuite du temps et tout ce qu’on n’a pas encore réalisé, tout ce qu’on ressasse quand on a trop bu et qu’on se fume une clope à la fenêtre avec Cohen qui égrène des chagrins en fond sonore.
Dans ces cas-là, c'est Shakespeare qui sert d'exutoire.
Alors voilà.
14:00 Publié dans Les choses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.11.2006
des chemins de traverse
Il y a des jours où j’y arrive sans trop de problèmes, mais pas aujourd’hui ; je pense à elle.
Elle avait un rire plutôt tonitruant, particulièrement communicatif. Elle buvait du café noir en mangeant de la "pâte à tartiner au chocolat" (...!) à la petite cuiller, pelotonnée contre nous sous une grosse couverture. Elle avait des chats dont le nom commençait toujours par "cha". Elle chantait (faux) à tue-tête en repassant. Elle fumait tout plein de cigarettes. Elle lisait des livres sur les sorcières. Elle grondait les gamins qui nous embêtaient à la récré. Elle débarquait à toute vitesse dans sa vieille bagnole pourrie dès qu’on l’appelait en pleurs pour un bobo ou une rupture (et trouvait toujours que le type en question ne nous méritait pas…). Elle bronzait des heures au soleil dans le jardin avec de la crème seulement sur le bout du nez. Elle cuisinait divinement bien mais brûlait systématiquement tous ses gâteaux. Elle voyait le fantôme de sa grand-mère dans la cave de son bureau.Elle prenait des photos de gargouilles et nous emmenait dans des petits cloîtres gothiques. Elle , elle, elle, il y a tant de choses à dire sur elle.

Et puis elle a eu un cancer à 37 ans. Pendant qu’elle essayait de dissimuler les zébrures sur son dos et son petit crâne d’oiseau, son mari couchait avec sa meilleure amie, celle qu'il trouvait vulgaire, avant. Paraît que ça permet de se réconforter à deux, tout ça… Moi je ne me suis pas tapé mon meilleur ami, j’aurais peut-être dû, ça m’aurait fait une épaule sur laquelle pleurer un peu…Et puis elle est morte toute seule en pleine nuit, sans prévenir, dans un hôpital froid et verdâtre qui puait la mort, parmi des médecins qui nous avaient tellement menti sur son état qu’on espérait encore la voir sortir et l'entendre rire, encore.
Bien sûr, vous, vous en foutez, vous ne l’avez pas connue. Pourtant vous l’auriez adorée : dans son regard vous étiez toujours le centre du monde. Elle était un roc indestructible (...!) auquel on pouvait toujours s'accrocher. Elle ouvrait sa porte, ses bras, son cœur. Elle tenait chaud.
Il y a des jours où tout est paisible quand je pense à elle, ça fait presque cinq ans maintenant.
Et puis d’autres, comme aujourd’hui, où ça me broie encore les tripes.
16:55 Publié dans La mélancolie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Paris, photo


