« 2006-11 | Page d'accueil | 2007-02 »
27.01.2007
"Que sais-je ?"
Ce bon vieux Montaigne, et sa bonne vieille devise.
Rien à ajouter.

23:00 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2007
Du noir & du blanc (bis)
Mon amoureux, cet astre (pour emprunter l'expression à une admirable journaliste de presse féminine qui j'espère me pardonnera d'autant plus que je la qualifie ici d'admirable), a récemment jeté un oeil sur ce blog et s'est déclaré surpris d'y trouver des choses que je ne montre pas dans la vie de tous les jours (affreuse cachottière que je suis), et perturbé notamment par ce noir et blanc qui semble peu compatible avec mes cheveux rouges (on le saura) et mon petit monde coloré.
Ce qui m'a amenée à réfléchir sur le fossé évident qui existe entre ce que nous sommes et ce que nous montrons de nous. Cela m'a fait repenser à une fantastique expo au Musée Jacquemart-André sur "l'Homme et ses masques". Le recours aux masques semble inhérent à chaque civilisation, comme si se cacher était un besoin primaire. Besoin d'être un autre ou (comme je le pense) besoin de se dissimuler pour pouvoir finalement être soi-même ? N'est-ce pas ce que faisait le Révérend Brontë en demandant à ses enfants de s'exprimer derrière des masques, leur promettant que rien de ce qu'ils diraient alors ne serait puni ? Alors, le blog serait-il le nouveau masque du XXIe siècle (quelle belle expression pompeuse...), qui permet d'être soi à l'abri derrière son écran ou de s'inventer d'autres soi-mêmes ? Mais pourquoi parvient-on si aisément à montrer différentes facettes de soi à des internautes inconnus quand on ne le peut visiblement pas avec ceux qui partagent notre vie ?
23:00 Publié dans Les choses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2007
Ode à (feue) ma baignoire
Il y a de cela plusieurs mois maintenant, j'ai vécu une déchirante rupture qui m'a laissée comme abasourdie, et nostalgique d'un temps que les moins de 20 m² ne peuvent pas connaître.
J'ai quitté ma baignoire pour un homme.
Bien sûr, au plus profond de mes nuits fiévreuses, délicieusement lovée dans la chaleur virile du corps de mon amoureux, je l'avoue avec une pointe de culpabilité : j'oublie jusqu'à l'existence de mon ancienne meilleure amie. Parfois, pourtant, souvent quand je m'y attends le moins, au détour d'une publicité pour un bain moussant où une délicate créature évanescente toute en os saillants se lisse négligemment la peau d'un mollet émergeant d'un océan de mousse parfumée, voire lorsque je me surprends à ressentir une pointe d'envie envers l'inscouciant bébé de ma copine C. qui gazouille de ravissement dans son eau à 37°, un lancinant regret m'assaille.
Car ma baignoire était la pièce maîtresse d'une vraie salle de bain, assez vaste pour y étendre du linge tout en s'y étendant soi-même pour exécuter quelques bénéfiques postures de yoga de type "la flûte de Rama" (bon, en fait, "la flûte de Rama" se fait debout, et non étendu, mais c'est plus joli à écrire que "le cobra"...). Ma baignoire était blanche comme la neige et assez longue pour que je puisse m'y étendre de tout mon long avec délectation.
Elle savait se montrer à la hauteur dans les moments cruciaux : anti-stress quand j'y marinais des heures avant de passer des oraux, jetant un oeil de plus en plus torve sur les dizaines de post-it de révision qui tapissaient les murs. Consolatrice, quand je m'y jetais avec rage après une déception (sentimentale, professionnelle, culinaire, mais le plus souvent capillaire) en me laissant bercer par sa douce chaleur réconfortante. Complice quand je me glissais voluptueusement dans ses eaux au caramel en chantant (mal) par dessus la voix tragique de Billie Holiday, avant d'aller chercher mon amoureux à la gare. Accueillante quand je l'utilisais comme canapé de luxe pour y lire un bon pavé.
Et puis un jour, il a fallu faire un choix : vivre (seule) avec ma baignoire ou vivre (avec l'Homme) sans baignoire. A ma grande honte, je reconnais ici l'avoir trahie sans (presque) un regard en arrière. Je l'ai quittée pour une douche malicieuse qui se prend pour une écossaise, distillant le chaud et le froid au gré de ses humeurs.
Aujourd'hui, quand le temps est gris et que Billie Holiday s'évertue à se dire "happy as a queen", je songe un instant à sa nouvelle vie, sans moi, avec d'autres. J'essaie d'imaginer quel type de fesses lui effleurent aujourd'hui l'émail, et je me demande si elle aussi, elle pense parfois à moi.
et pour fantasmer un peu (surtout toi, lecteur parisien, avec ta micro salle de bain) ...
http://www.masalledebain.com/rechercher/rechercher.php4?i...
23:00 Publié dans Les choses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.01.2007
"J'aspire à l'éternité car je retrouverai en elle tous mes poèmes non écrits et mes peintures non peintes"
Il y a des moments hors du temps, des parenthèses d'écume, insaisissables, où l'on contemple la pure beauté et où l'on jouit d'un vrai sentiment de plénitude.
Et c'est tellement fugace que lorsqu'on bat des paupières à nouveau, l'on croit émerger d'un rêve cotonneux qui nous laisse comme hébété.

23:05 Publié dans Les plaisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, voyages, Florence
10.01.2007
Histoire d'amour
Je retranscris ici un extrait des Chemins de Katmandou de Barjavel, le livre de chevet d'adolescence par excellence, de la mienne en tout cas.
Des années que j'ai recopié cette histoire dans mes petits carnets cornés, et la voilà qui me revient en tête, sans raison. Il ne me faut pas longtemps pour la retrouver, tracée d'une écriture un peu ronde à l'encre bleue entre deux dessins un peu exaltés et pas franchement réussis, je peux bien le reconnaître aujourd'hui. Je la relis, et sous ses dehors un peu...comment dire?...enfin vous voyez, quoi... elle me semble finalement dire l'essentiel.
"Au printemps, un rossignol se pose sur un cerisier. Le cerisier dit au rossignol : - ouvre tes bourgeons, fleuris avec moi ! Le rossignol dit au cerisier : - ouvre tes ailes, vole avec moi ! Alors le rossignol ouvritses bourgeons et fleurit. Et le cerisier ouvrit ses ailes et s'envola en emportant le rossignol. C'est l'amour."
23:05 Publié dans Les plaisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2007
faudrait
Y'a des jours où je me dis que quand même, il faudrait...
Faudrait que j'aille chez le coiffeur, pour couper tout ça
Faudrait que je me remette au yoga, pour la souplesse
Faudrait que je prenne du magnésium, pour les crampes
Faudrait que que je remette une djellaba, pour voir
Faudrait que je me tire en Inde, pour me vider la tête et m'emplir les yeux
Faudrait que je me prenne une cuite, pour oublier
Faudrait que je retourne à Florence, pour Fra Angelico et les caffè latte
Faudrait que je crie un bon coup, pour me défouler
Faudrait que j'écrive ce putain de roman qui sourde en moi, pour avancer
Faudrait que je dise des choses intéressantes et exotiques sur ce blog, pour changer
Faudrait que je trouve du temps, pour exister
Faudrait que je me (re)trouve, pour voir l'effet que ça fait
Faudrait que je corrige ces copies, pour être un peu sérieuse
Faudrait que j'aie l'attrait de la nouveauté, pour une fois
Faudrait que j'aie la foi, pour l'espoir
23:00 Publié dans La mélancolie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

