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27.02.2007
Monsieur Alf
Monsieur Alf est un curieux personnage, qui nous intrigue beaucoup.
Parfois, quand les jours s’étirent sans fin, que le temps s’écoule trop lentement, et qu’on se cherche une occupation pas trop éprouvante intellectuellement parlant, on s’amuse à deviner quel peut bien être son métier.
Parfois, nous sommes très imaginatifs.
Parfois, nous pensons que Monsieur Alf ne travaille pas, car il est presque tout le temps à la maison à se projeter des rétrospectives Louis de Funès.
Parfois, nous pensons que Monsieur Alf élève un alligator (selon moi) ou un boa constrictor (selon mon amoureux) dans une baignoire clandestine qui serait située dans la chambre de bonne au-dessus de chez nous. Car Monsieur Alf monte parfois à l’étage supérieur vêtu d’un simple peignoir grisâtre, et pendant quelques heures on entend alors des crissements semblables à ceux du fond d’une baignoire dans laquelle on glisse. Et cela peut arriver à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, d’où notre théorie de l’animal sauvage, peut-être élevé à des fins de combats clandestins entre alligators importés devenus neurasthéniques sous l’effet du climat parisien.
A moins que Monsieur Alf ne fabrique des nems et autres sushis à la couleur douteuse dans la fameuse et mystérieuse baignoire, qu’il glisse ensuite en douce sous son peignoir trop grand et revend sous le manteau (si je puis dire…) à des parisiens au regard vitreux trop épuisés par le RER pour avoir la force de cuisiner.
Parfois, nous imaginons que Monsieur Alf est bruiteur pour des films d’action à petit budget car il fait très bien le propriétaire d’un chien fantôme qu’il siffle parfois compulsivement dans les couloirs, mais aussi la sirène du camion de pompier qu’il reproduit de manière bien différente de la sirène du camion de policiers.
Monsieur Alf imite aussi à merveille la sonnerie du téléphone, c’est à s’y méprendre.
Dans les mauvais jours, quand nous sommes fatigués, nous en venons à penser que Monsieur Alf est un peu timbré. Mais dans les bons jours, particulièrement ceux où une bouteille de vin a été ouverte, nous mesurons la chance que nous avons d’avoir un voisin si différent de tous les autres voisins de nos amis, qui alimente des conversations sans fin et nous rend drôlement intéressants.
12:15 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, voisins
20.02.2007
"Et c'est comme ça qu'on va l'appeler...!"
Une fois n'est pas coutume, j'utilise mon blog à des fins publicitaires alors que je n'ai aucun intérêt financier ni même personnel dans l'histoire : il se trouve simplement que je suis allée au théâtre voir ce monologue à multiples voix et que j'estime que n'importe quel être humain sensible et sensé devrait s'y ruer pour passer une bonne heure extraordinaire à rire et pleurer à la fois, parce que ça fait du bien, parce que l'acteur arrive à porter et transporter toute la salle, parce que ceux qui ont adoré Clara, Thérèse, Julius le chien épileptique, le Petit et ses lunettes roses... vont se retrouver en famille et que ceux qui n'ont jamais lu Pennac vont ressentir comme un besoin impérieux de s'y mettre.

22:15 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, théâtre
Moi en plus drôle
Un blog en noir et blanc pour parler de choses un peu sérieuses ou un peu tristes (ou les deux) ou pour mettre de belles photos.
Mais comme j'ai aussi un côté drôle (si si) et joyeux (mais si), il s'exprime là :
http://petronille-dans-la-tourmente.over-blog.com/
Jetez-y un oeil ou deux, ça me fera plaisir.
11:30 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pétronille, blog
19.02.2007
la ville où je travaille
Longue et froide soirée en perspective dans cette morne plaine qu'est la ville où je travaille deux jours par semaine. Le programme des festivités s'annonce en effet particulièrement réjouissant puisque la VOJT (la ville où je travaille, qui préfère garder l'anonymat pour des raisons que nous ne comprenons que trop bien) :
- ne possède pas de cinéma (il faut sortir de la ville, et comment faire quand on n'a que ses deux pieds comme moyen de transport ?)
- ne possède pas de resto qui serve encore un repas chaud ni même un sourire compatissant après 22 heures
- ne possède pas de rues dans lesquelles on se sente en sécurité passé le coucher du soleil (qui se lève peu, de toute façon, car le soleil est languissant dans la VOJT)
Résultat : comme tous les lundis, je vais jeter mon dévolu sur un repas à base de calories, graisses saturées, kilos de sel, fournisseurs officiels de cellulite haut de gamme : des "produits fast-food", comme on dit galamment là où je loge pour la nuit. Faut-il préciser que là où je dors, les "produits fast-food" et toute autre forme de nourriture, même saine et équilibrée, sont interdits et que je dois déployer mille ruses pour les faire entrer en douce dans ma chambre ?
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, ce soir je suis logée dans une chambre qui n'a pas la télé. Où est le plaisir de manger un fast-food clandestin dans une chambre d'hôtel si on n'a pas une bonne série débile vue et revue des dizaines de fois, qui abrutit tellement qu'on se laisse couler dans une langueur monotone, comme dirait quelqu'un de plus haut placé que moi ?
16:14 Publié dans Les travaux et les jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

