« Toute seule à Paris | Page d'accueil | Voilà à quoi on pense quand il pleut »

30.05.2007

Six jours après

Six jours que je ne suis pas sortie de l'appartement. Six jours que la seule personne avec qui j'ai un semblant de conversation (à part mon amoureux, évidemment, lumineux) est la cai... l'hôtesse de caisse du Monop*. Six jours que je travaille à la maison. Six jours que mon horizon se résume aux toits d'ardoise délavés par la pluie, aux cheminées fendillées qui abritent de ternes pigeons, aux gouttières qui débordent.

Du coup, quand je suis sortie pour faire des courses, aujourd'hui, j'ai ressenti une bouffée d'amour pour Paris, pour les parisiens, pour mon quartier, les acteurs oubliés de mon petit monde. J'ai lancé des grands sourires à la ronde, aux superbes africaines rayonnantes dans leurs robes colorées, aux parisiennes maigrichonnes titubant dans leurs ballerines dorées, aux prostituées asiatiques aux ongles flamboyants, aux types qui distribuent des prospectus pour des salons de manucure, aux grands-mères courbées semblant sortir d'une autre époque, aux jolies filles en  vélo, aux garçons à grandes mèches sur les yeux, aux bobos des terrasses, à tous ces gens qui font du quartier un microcosme bigarré.

Ca donne envie de faire comme si je venais d'arriver à Paris, comme il y a quelques années, envie d'aller voir Notre-Dame et Beaubourg, envie des petites rues, des petits restos japonais, des quais surtout. Envie de voir la Seine couler sans fin, envie de la voir vivre et se tordre.

Mais ce sera pour plus tard. Parce que pour le moment, le travail n'est pas fini.

Alors retour aux voisins tarés, aux toits détrempés, à l'ordinateur qui surchauffe, aux quatre murs qui semblent rétrécir. La liberté, ce sera pour plus tard.

 

 

Ecrire un commentaire