21.09.2007
Jour de joie pour Monsieur Alf
Innoncente, légère mais non point court vêtue, je quittai ce matin mon appartement parisien pour rejoindre la section Assédic la plus proche afin de leur demander, bordel, pourquoi diable on me menace de me rayer des Assédic (alors que je n'ai encore rien touché) et on me réclame des papiers que j'ai déjà donnés de mes blanches mains il y a 15 jours à la dame de l'accueil, laquelle m'avait promis d'en prendre grand soin. Je me rendis donc en ce lieu de tristesse abandonné des dieux et des décorateurs d'intérieur pour demander à la jeune fille dépassée mais néanmoins souriante pourquoi diable, bordel, etc...
(réponse : elle ne sait pas)
Rentrant donc bredouille et maurigénant dans ma barbe inexistante, je découvris avec inquiétude que la porte d'entrée de l'immeuble était grande ouverte. Craignant d'abord que Monsieur Lanouille ait fait un malaise dans ses propres excréments, qu'il prend un malin plaisir à dissimuler derrière les pots de fleurs en plastique qui décorent l'entrée, je finis, rassurée sur ce point, par suivre les traces étranges qui essaimaient les escaliers. J'entendis des bruits d'activité frénétique au-dessus de ma tête et je découvris, bien sûr, que tout cela se passait sur mon palier du 5e étage. D'immenses cartons bloquaient une seule porte : la mienne.
Personne à l'horizon, et impossible de traîner ces maudits cartons sur plus d'un cm. J'hésitais entre hurler à la mort ou sonner rageusement chez les voisins (à ne faire qu'en cas d'extrême urgence) quand Monsieur Alf, encore lui, sortit tout guilleret de chez lui, vêtu en tout et pour tout d'une serviette de bain blanchâtre négligemment nouée autour de sa bedaine pleine de houblon fermenté, pour m'aviser qu'il changeait sa chaudière, laquelle se trouvait précisément dans le carton que j'étais en train de bourrer de coups de pied.
Il se proposa fort galamment de m'aider à déplacer les cartons, se fit très rapidement un bon tour de reins, transpira abondamment sur mon sac à main (enfin, mon gros sac tibétain en tissu fleuri, mais ça sonne moins bien), et disparut d'où il était venu dans un éclat de rire hystérique, tandis que j'en étais encore à prier sainte Rita pour que la serviette de bain ne se dénoue pas sous mes yeux horrifiés.
A l'heure où j'écris, les installateurs sont toujours là, perçant, cognant et faisant vibrer les murs : jour de joie pour Monsieur Alf qui imite tour à tour la perceuse, le marteau, le tuyau cognant contre la cloison, les essais d'allumage. Jour moins radieux pour moi qui ai du boulot, hein, quand même, et qui aimerait bien que cette foutue chaudière soit installée. Déjà que je prends comme un affront personnel que des gens dans l'immeuble aient une chaudière neuve quand la nôtre peut se mettre en grève à tout moment, comme elle aime à le faire quand les nuits se rafraîchissent...
14:30 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Paris, voisins, bêtises


Commentaires
Monsieur Alf serait-il bruiteur pour la télé ? Toi tu penses qu'il est fou, mais en fait, il travaille, haha !!
Allez courage, plus qu'une vis...
Ecrit par : Tornado | 24.09.2007
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