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31.10.2007

"Il n'appartient qu'à Dieu de soumettre à la mesure la beauté absolue" A. Dürer

Quelle adolescent(e) un peu exalté(e) par la peinture n'a pas un jour épinglé sur le papier peint défraîchi de sa chambre l'autoportrait à la pelisse de Dürer ? Je ne fais pas exception à la règle, et j'ai passé beaucoup d'heures indues à me perdre dans la contemplation de ce visage christique, au regard terriblement vivant.

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Dürer a peint ce tableau en 1500. Dessinateur habité et génial, il s'est déjà essayé à l'autoportrait, et ce à peine adolescent. En 1484, alors que l'artiste a 13 ans (...!), l'on trouve déjà sous son crayon la finesse et la grâce qui habiteront ensuite toutes ses oeuvres.

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Dürer aime à se prendre pour modèle, et s'interroge, s'observe, se questionne. Le parisien chanceux peut librement se rendre au Louvre pour admirer, dans un petit recoin sombre propice aux murmures et aux secrets échangés, l'autoportrait au chardon qu'il réalisa à 22 ans. Longtemps, il se dépeint en homme élégant, tourné de trois-quart, toisant le spectateur d'un regard un peu distant.

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Ce qui frappe, et ce qui hante, dans le portrait à la fourrure, c'est l'humanité qui se dégage du tableau. Pour la première fois, Dürer se place face au spectateur, offert tout entier au regard de l'autre, sobre et comme nu, dans son individualité. Un presque Christ, une presque icône, une presque Véronique, à la bouleversante fragilité.

La délicatesse de Dürer se retrouve dans le superbe portrait de sa mère, qui dépeint avec un réalisme encore rare chez les artistes de la Renaissance, et avec une émotion palpable, cette femme de 63 ans qui en paraît 20 de plus.

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Les portraits de Dürer sont intemporels, parce que les interrogations humanistes de l'artiste, au même titre que la lumière humide qui perle dans les regards de ses modèles, résonnent évidemment toujours en nous. De l'insouciance de la jeunesse à la décrépitude, la maladie, la mort, Dürer met en scène les moments de la vie qui nous rendent douloureusement humains, et ce temps qui n'en finit pas de passer, entraînant sur son passage les illusions et les rêves.

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Avec, en point d'orgue, cet autoportrait à la pelisse.

Et c'est paradoxalement lorsqu'il se pose en Salvator Mundi qu'il apparaît le plus humain.

 

(Autoportrait à la fourrure, à voir à l'Alte Pinakothec de Munich)

30.10.2007

Dans la chaleur épaisse des langueurs océanes

Et puis une autre photo, encore, juste pour le plaisir de se souvenir du goût du sel sur les lèvres, du souffle du vent dans les cheveux, du roulement des vagues emplissant les oreilles, et de l'horizon infini, plein de possibles et d'inédits.

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 Fond sonore...

29.10.2007

une bande-son

Le fond sonore des virées hollandaises, perdus dans les polders, sous la lumière rasante des soirs du Nord, les poumons remplis d'air et la tête pleine de futurs souvenirs iodés, la mer au bout de la route, le vent qui rend fou, les cafés bondés, les soupes de pois. 

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 Et jeter un oeil au passage sur le site de Jehro

24.10.2007

En avant tête de thon

Aujourd'hui, c'est journée lecture. Parce que j'ai le dos coincé. Parce que le médecin m'a collée sous anti-inflammatoires et autres décontractants musculaires qui me font gentiment somnoler, m'empêchant de me concentrer activement sur mon travail d'écriture. Parce qu'à cause des médicaments, je ne peux pas siroter paisiblement un petit porto réconfortant ou un Aberlour revigorant. Parce que la chaudière en grève, la fenêtre sans double-vitrage et le froid parisien m'obligent à me vautrer sous les couvertures pour ne pas perdre inoportunément un orteil ou deux.

Pour toutes ces raisons, je ne vois qu'une chose à faire pour rendre la journée délicieusement régressive : une bonne BD. Bon, il y en a des dizaines qui sont exaltantes à souhait, drôles ou profondes, ou les deux. Mais en ce moment, je me refais la totale des Calvin et Hobbes, et c'est savoureux.

Si vous ne connaissez pas encore Calvin et son tigre en peluche, vous êtes de sacrés veinards, car toute une collection d'albums vous attend. Sinon, comme moi, rien ne vous empêche de vous replonger, les doigts de pieds en éventail (ce n'est pas obligatoire, mais c'est jubilatoire) dans le monde de ce sale gamin de 6 ans.

Si possible, il faut le lire en VO, et pour vous (re)donner envie, rien que pour vos yeux éblouis, lecteur égarés ici, voici de quoi faire vous aussi une petite pause lecture dans votre trépidante journée de travail :

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Une promenade

De temps à autre, je vais muser toute à mon aise sur divers petits blogs que j'aime bien, parce que je me plais à suivre les rêveries tranquilles de leurs auteurs.

C'est le cas de celui-ci, qui trace un sillage de songes à la suite des bateaux scandinaves, qui imagine mille mondes dans les sillons des rochers moussus et dans les écorces des sapins, et qui poétise le quotidien avec une virtuosité un peu lunaire.

http://assiette-anglaise.blogspot.com/

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23.10.2007

"Toute la démarche des artistes modernes est dans cette volonté de saisir, de posséder quelque chose qui fuit constamment" A. Giacometti

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La foule, le froid et le mal de dos, voilà tout ce que j'ai résolument bravé samedi pour me rendre à Beaubourg. Beaubourg, c'est cette place colorée où les maisons ont l'air de jolies maquettes pour décor de cinéma (pour un film américain sur fond d'accordéon et de parisiens en béret), où le parfum des gaufres et des crêpes parvient presque à surpasser celui des gaz d'échappement, où les touristes se font portraiturer par des dessinateurs qui t'abordent en anglais, où se mêlent joyeusement les joueurs de djembé et les cracheurs de feu. C'est ce lieu bigarré et chatoyant où les Tinguely font du gruingue aux passants et où les amoureux se bécotent dans une insousciance aussi totale qu'éphémère. C'est ce lieu coloré et chaleureux qui sert de transition festive vers Notre-Dame.

C'est ce bâtiment d'où je peux mesurer mon degré de parisianité à ma rapidité à reconnaître tous les monuments qui se dévoilent à mes yeux encore émerveillés. Je pointe du doigt l'imposante Saint-Eustache, le gros pain de sucre de Montmartre, la rondeur de l'Opéra Garnier, les tours de Notre-Dame, la scintillante Tour Eiffel.

Et Beaubourg, c'est aussi le lieu où se tient en ce moment une très grande et très belle expo consacrée à Alberto Giacometti.

a4fe37aee6030ad5dcb06f77f8196f83.jpgDes oeuvres de jeunesse créatives et compactes aux bronzes élancés, le visiteur (moi, en l'occurence) peut suivre tout le parcours de Giacometti, dans le décor de son atelier du 14e arrondissement. Des pans de murs ocres où naissent des visages et des ombres. De minuscules personnages ancrés sur leur grands socles cubiques. De grandes femmes imposantes de fragilité. De longs bras graciles retenus dans des cages. Toute la fragilité de l'être humain exposée là.

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5d43d51caf53051fe678476351a3f5a2.jpg"L'atelier de Giacometti", collection de la Fondation Annette et Alberto Giacometti, Centre G. Pompidou jusqu'en février 2008.

20.10.2007

They can't take that away from me

Il y a des chansons intemporelles, des voix chaudes et profondes, qui sentent la cannelle et les baisers, et vous propulsent dans une espèce de parenthèse, un petit moment, tout petit, où tout serait bien et moelleux, et exactement à sa place.

http://fr.youtube.com/watch?v=ixauaPuXouY

19.10.2007

"Beware the storms that gather here"

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15.10.2007

En attendant un nouveau continent

Quand on s'apprête à changer de continent, on commence à regarder les choses qui constituent notre bonne petite vie européenne d'un autre oeil. On se demande ce qui va nous manquer. Il y a des souvenirs qu'il faudra emmener, des souvenirs de baisers, au-dessus d'un fjord norvégien, au sommet de la coupole du Duomo de Florence, sur le parvis de Notre-Dame, dans un bateau à rames sur un lac finlandais, dans un café brun hollandais... tous ces petits riens, ces caffè latte, ces engansgrill, ces harengs marinés. Et puis les ruelles tortueuses, les pavés, les églises gothiques, les cloîtres romans, les Vierges à l'enfant surplombant les portes des fermes.

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Et puis Paris, adorée, détestée, qui rentre en grâce et se donne à redécouvrir du haut de ses ponts, la nuit, quand les lumières glissent sur la Seine opaque, quand les maisons bien alignées prennent un air de maquette de cinéma, quand ses églises dressent leurs silhouettes légères au-dessus des touristes et des amoureux. Cette Paris-là, la Paris de mes premières amours, la Paris des pique-niques et des balades à vélo, des sushis et des petits vapeurs, des peintres et des photographes, des bibliothèques et des films du dimanche soir, des bouquinistes et des petites terrasses, la Paris des premiers émerveillements, je l'aime tendrement.

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Je l'aime d'autant plus que je vais la quitter, et j'en oublie le gris, la pluie cinglante, la crasse, la misère, la moiteur du métro, les gens pressés, le bruit des voisins et des voitures, le manque d'air et le manque d'arbres...

Je vais transporter tout cela avec moi au-delà de l'Atlantique, un peu d'Italie, un peu de Scandinavie, un peu de France, des souvenirs tout chauds ; et puis je vais commencer une nouvelle vie, pleine de possibles et d'imprévus, où tout sera en devenir.

12.10.2007

"Assieds-toi au bord de la rivière et, tôt ou tard, tu verras le cadavre de ton ennemi passer"

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