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01.11.2007

La jeune fille et la mort

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Niklaus Manuel Deutsch, l'un des premiers à avoir, en 1517, érotisé ce thème de la jeune fille, nouvelle Perséphone entraînée sans résistance apparente aux Enfers. Fascination sensuelle et morbide et dénonciation morale de la vanité de toute chose humaine, qui font écho au célèbre monologue d'Hamlet découvrant le crâne de Yorick :

Alas, poor Yorick! I knew him, Horatio - a fellow of infinite jest, of most excellent fancy. He hath borne me on his back a thousand times, and now how abhorred in my imagination it is! My gorge rises at it. Here hung those lips that I have kissed I know not how oft. Where be your gibes now, your gambols, your songs, your flashes of merriment that were wont to set the table on a roat ? Not one now to mock your own grinning ? Quite chop-fallen ? Now get you to my lady's chamber and tell her, let her paint an inch thick,to this favour she must come. Make her laugh at that - Prithee, Horatio, tell me one thing

What's that, my Lord ?

Dost thou think Alexander looked o'this fashion i'th'earth ?

"Hélas, pauvre Yorick ! Je l'ai connu, Horatio... c'était un garçon d'une verve infinie, de la plus exquise fantaisie. Il m'a porté sur son dos un millier de fois, et maintenant, quelle horreur d'imaginer cette chose ! J'en ai un haut-le-coeur ! Ici tenaient ces lèvres que j'ai embrassées je ne sais combiend e fois. Où sont vos railleries, maintenant, vos cabrioles, vos chansons, vos facétieux éclats qui faisaient toujours rugir la table de rires ? Plus un seul maintenant pour vous moquer de votre propre grimace ? La mâchoire vous en tombe ? Et maintenant, allez voir ma Dame dans sa chambre et dites-lui qu'elle peut bien se barbouiller d'un pouce de fard, c'est à cette figure qu'il lui faudra en venir. Faites-la rire avec ça. - Je t'en prie, Horatio, dis-moi une chose.

Quoi donc, Monseigneur ?

Penses-tu qu'Alexandre faisait cette mine, en terre ?"

(Acte V, scène 1, traduction de F. Maguin)

Commentaires

Côté érotisation de ce thème, je reste subjugué par la version qu'en a donnée Le Bernin dans le rapt de Prosperpine. J'y ai consacré un billet, conçu lors d'une de mes déambulations romaines :

http://jmbellot.blogs.com/personnel/2006/10/histoires_ddoub_1.html

On en sentirait presque l'empreinte des doigts dans les cuisses charnues de la belle... Je crois que la morsure de la mort & la jouissance des corps ont des accointances aussi. On parle bien de petite mort...

Ecrit par : Jean-Marc | 01.11.2007

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