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21.12.2007
Un bref changement d'Eire
Je croyais que c'était un cliché, une espèce de lieu commun, cette "verte" Irlande louée dans les poésies et les chansons.
Et puis, un jour, j'y ai posé mon pied menu, et je m'en suis pris plein la figure. L'Irlande, c'est effectivement un pays de couleurs (bon, évidemment, là, dans un blog en noir et blanc, ça ne se voit pas trop... c'est pourquoi il faudra ou me croire sur parole ou vous y rendre vous même).
C'est le souvenir qu'on en garde, plus tard, quand on retrouve les façades grisâtres des immeubles parisiens, cet amalgame de couleurs presque trop éclatantes pour être réelles. Le vert tendre des prés n'est même pas à discuter : l'herbe y est incontestablement plus verte qu'ailleurs, aucun doute là-dessus.
Et puis l'orange éblouissant des feuilles qui forment un doux tapis sous nos pieds, dans les sous-bois lumineux parsemés de murets de pierre et de mystères.
Et puis l'or des ciels de fin de soirée qui éclate sur les vagues et sous les ricochets des galets.


Et puis le bleu profond de la mer et le gris bleuté du fleuve.
Et puis le rouge franc des devantures dans les petites ruelles sombres, le noir intense du charbon qui se consume dans l'âtre, et l'ambre délicat du whisky qui réchauffe les corps et les âmes.
14:45 Publié dans Les plaisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyages, photos
06.12.2007
A cosa
Parfois, il se passe quelque chose, vous écoutez tranquillement de la musique, un fond sonore tout doux, pendant que vous travaillez, ou que vous rêvassez, à des jours ensoleillés, à des fous rires, à des couchers de soleil, à des pieds nus sous une couverture, à des bêtises, à des petits riens, et puis il y a une chanson qui vous arrête, qui soudain correspond exactement à l'instant, et vous transporte au-delà. Aujourd'hui, comme souvent, c'est Manu Chao. Des choses qui changent et se transforment, et des douceurs en italien.
12:35 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Manu Chao
05.12.2007
Autant en emporte Courbet
Mieux vaut tard que jamais, j'ai pris le temps de me rendre parmi mes semblables au Grand Palais pour l'expo Courbet. Après tout, Paris est tapissée d'affiches de l'exposition, étalant jusque dans les moindres recoins du métro le visage romantique au possible du peintre, et les parisiens n'ont de cesse de snober les malheureux qui n'auraient pas encore perdu un orteilà faire la queue dans le froid en attendant de pouvoir entrer.
De Courbet, je ne connaissais pas grand chose, à vrai dire, si ce n'est la fameuse Origine du monde, vue et revue à Orsay, et quelques autoportraits qui me laissaient présager de belles émotions. Alors, un samedi (oui, un samedi), après m'être délectée des oeuvres d'Arcimboldo au Palais du Luxembourg, je suis allée voir ce cher Gustave.
Une première salle dédiée aux autoportraits, superbes. L'homme blessé, évidemment, fascinant, comme tous ces portraits où l'auteur s'interroge sur lui-même. Et puis, après, puis-je le dire ?
Déception. Terrible déception.
Et du peintre, et de l'exposition.
Je m'explique : lorsque j'ai vu ce portrait :

Je me suis dit, voilà un homme habité, non conventionnel, qui questionne, qui vibre, qui cherche.
Et puis ensuite, quoi ? Des scènes de chasse, des cerfs, des paysages... qui ne m'ont rien fait ressentir du tout. Des plages à l'horizon bien net et découpé, des vagues qui n'inspirent rien, des arbres paisibles, des grottes sans mystère. A des années lumière de la force d'un Turner, par exemple. Alors, bien sûr, ce n'est rien que mon avis personnel. Contrairement aux parisiens branchés qui sont là parce qu'il faut être là, et s'extasient bruyamment sur les têtes de cerf humant l'air du soir, moi je ne suis pas transportée, je ne ressens rien. Ca ne se commande pas, pas vrai ?


Et puis que dire des textes accompagnant l'exposition ? Sont-ils là pour nous rappeler que nous ne sommes que d'humbles mortels incapables de comprendre la peinture ? C'est limite prétentieux, rien n'est expliqué, rien n'est replacé dans le contexte, et pourtant il y en a à dire sur L'enterrement à Ornans, par exemple... Le coup de grâce me fut porté par l'évocation du "lyrisme poignant" que sont censées dégager les représentations des truites sanguinolentes luttant pour leur survie :

Du baratin, des mots compliqués, limite de la condescendance, c'est la première fois que je "zappe" les textes d'une exposition.
Conclusion : si vous ne pouvez en voir qu'un, ruez-vous sur Arcimboldo, c'est intelligent, éclairant, vulgarisant et ludique.
14:55 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : exposition, courbet


