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12.03.2008

Un poco de poesía española

Pas mal de films espagnols vus ces derniers temps, et la rondeur des mots roule encore dans ma tête et sur ma langue. L'envie, alors, me prend de relire Garcia Lorca, Neruda, Virallonga...

 

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Como un beso fugaz

Te puedo dar recuerdos y una casa blanca
para cuando lleguen las tormentas;
cosas de que hablar
cuando vuelvan tus amigos
o por si necesitas otra vida breve
que reconstruirte con las manos.


Puedo guardar tu sueño,
sacar las cartas y jugar contigo
o pensar que te has ido de viaje y me pediste
que regara las plantas y vigilara el piso;
todo menos permitirme bajar a la playa
esta tarde infinita de invierno.

 

Con un beso fugaz, como la muerte
al abrir el armario de las medicinas,
te fuiste con el frío al clarear,
mas lo cierto es que aquí donde te espero,
en este lugar donde habita
un modo insospechado de quererte,
nadie más respiró a tierra mojada, a cielo limpio,
a ríos e inviernos con fondos de arena;
a viento, y a mar y a viento
que todo se llevan.

Jodi Virallonga

 

 

Comme un baiser fugace

Je peux te donner des souvenirs et une maison blanche
En attendant la venue des tempêtes;
Des choses pour en parler
Avec tes amis dès leur retour
Ou si tu as besoin d’une autre vie brève
À reconstruire à la force des mains.

Je peux garder ton rêve,
Sortir les cartes et jouer avec toi
Ou penser que tu es partie en voyage et que tu m’as demandé
D’arroser les plantes et de surveiller l’appartement;
Tout sauf me permettre de descendre à la plage
Cet après-midi infini d’hiver.

Avec un baiser fugace, comme la mort
En ouvrant l’armoire des médicaments,
Tu es partie dès l’aube avec le froid,
Mais vois-tu ici d’où je t’attends,
En cet endroit où habite
Une façon impensable de t’aimer,
Personne d’autre n’a senti la terre mouillée, le ciel limpide,
Les rivières et les hivers aux fonds de sable;
Le vent, et la mer et le vent
Qui emportent tout.

 

 

Sonnet LXXX

Ya eres mía. Reposa con tu sueño en mi sueño.
Amor, dolor, trabajos, deben dormir ahora.
Gira la noche sobre sus invisibles ruedas
y junto a mí eres pura como el ámbar dormido.

Ninguna más, amor, dormirá con mis sueños.
Irás, iremos juntos por las aguas del tiempo.
Ninguna viajará por la sombra conmigo,
sólo tú, siempreviva, siempre sol, siempre luna.

Ya tus manos abrieron los puños delicados
y dejaron caer suaves signos sin rumbo,
tus ojos se cerraron como dos alas grises,

mientras yo sigo el agua que llevas y me lleva:
la noche, el mundo, el viento devanan su destino,
y ya no soy sin ti sino sólo tu sueño.

Pablo Neruda

 

 

Sonnet LXXX

Tu es enfin mienne. Repose-toi, ton rêve dans mon rêve.
Amour, douleur, travaux, doivent dormir maintenant.
La nuit tourne sur ses roues invisibles
et près de moi tu es pure comme l’ambre endormi.

Aucune autre, mon amour, ne dormira avec mes rêves.
Tu iras, nous irons ensemble sur les eaux du temps.
Aucune ne voyagera dans l’ombre avec moi,
rien que toi, toujours vivante, toujours soleil, toujours lune.

Déjà, tes mains ont ouvert les poings délicats
et ont laissé tomber de frêles signes sans but,
tes yeux se sont fermés comme deux ailes grises,

pendant que je suis l’eau qui te porte et me porte:
la nuit, le monde, le vent dévident leur destin,
et je ne suis plus sans toi mais seulement ton rêve.
 
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(et la chèvre de Picasso en bonus final) 
 

Commentaires

Que c'est beau !

Cela donne envie d'aimer...

Ecrit par : Jean-Marc | 04.04.2008

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