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21.04.2008

A petits pas sur le rivage

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Tes pas, enfants de mon silence,

Saintement, lentement placés,

Vers le lit de ma vigilance,

Procèdent muets et glacés.

 

Personne pure, ombre divine,

Qu'ils sont doux, tes pas retenus !

Dieux ! ... tous les dons que je devine

Viennent à moi sur ces pieds nus !

 

Si, de tes lèvres avancées,

Tu prépares pour l'apaiser,

A l'habitant de mes pensées,

La nourriture d'un baiser,

 

Ne hâte pas cet acte tendre,

Douceur d'être et de n'être pas,

Car j'ai vécu de vous attendre,

Et mon coeur n'était que vos pas. 

 

Paul Valéry, Les pas.

Commentaires

Puisque vous évoquez la lenteur du baiser :

" Massive lenteur, lenteur martelée ;
Humaine lenteur, lenteur débattue ;
Désert lenteur, reviens sur tes feux ;
Sublime lenteur, monte de l'amour :
La chouette est de retour. "

L'auteur : René Char. Le titre : "Le baiser" (in Le Nu perdu). J'aime la musique de ces quelques vers. J'y entends un bruit de pas dans la scansion répétitive du mot "lenteur".

Il s'agit d'un pas mesuré et retenu car comme dans le poème de Valéry que vous avez choisi, il y a cette injonction à l'attente souveraine.

Piano, piano.

Antique sagesse : la chouette est de retour.

Ecrit par : Jean-Marc | 22.04.2008

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