27.05.2008

Histoires de chiens

"Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien". Quoi de meilleur, franchement, qu'un bon chien frétillant qui vous saute dessus avec ses pattes terreuses quand vous rentrez, pose ses babines baveuses sur votre avant-bras quand vous mangez, se couche sur vos pieds quand vous bouquinez, dévore vos chaussures neuves, laisse des poils sur votre canapé, terrorise le facteur...?

Chez nous, on aime les chiens, c'est de famille.

Ma grand-mère ne s'est-elle pas fâchée à mort avec son boucher qui a refusé de lui vendre du filet quand il a su que c'était pour le chien ? Qu'à cela ne tienne, elle a changé de boucher !

Au commencement était un chien, puisque sans lui mes parents ne se seraient jamais mariés, et je ne serais même pas là pour vous en parler. 

Et puis, il y a eu un boxer, qui a mangé le chapeau du curé le jour de mon baptême, c'est dire si ça me plaçait sous de bons auspices.

Qui a traversé la fenêtre de la voiture pour courser avec une belle vivacité un oncle qui avait osé me faire un sourire à travers la vitre, ramenant fièrement à mes pieds d'enfant le fond de son pantalon.

Et puis un gros berger allemand, qui dormait devant la porte de la chambre de ma petite soeur parce qu'elle faisait des cauchemars.

Et un bosron qui a dévoré les mollets d'un vilain pervers venu secourir ma grande soeur sur l'autoroute, lui proposant bien volontiers son aide en échange de quelque menu service. 

Et un petit Jack Russell qui a sauvé ma petite soeur de la dépression.

Et puis un petit chien tout plein de poils, avec l'arrière-train comme indépendant du reste du corps, et une bonne tête de berger, et une collection de balles de tennis.

Gageons que le paradis des chiens est plein de grands chênes, de reverbères, de balles de tennis et de chapeaux de curé.

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