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31.05.2008
Un arbre

14:35 Publié dans Les voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : photo
30.05.2008
"Peupler notre solitude" (K.Gibran)
Aujourd'hui le web dégouline de profils et de pages personnelles où tout le monde affiche sans vergogne les photos de ses vacances, de ses beuveries, de sa classe de CM2, de son chien, de son gamin, et surtout la liste sans fin de ses amis virtuels.
[Je ne parle pas des blogs, qui font du web une véritable mosaïque humaine, mais de ces MySp*ce et autres F*cebook insipides]
C'est d'un narcissisme confondant et plutôt triste.
D'où vient ce besoin d'étaler tout ce qu'on est, ou plutôt tout ce qu'on veut montrer de soi, tout ce qu'on voudrait être ? De donner toute sa vie en pâture à tout le monde ? A des inconnus, à sa mère, à son patron, qui découvre soudain avec étonnement vos préférences sexuelles au détour d’un clic Internet ?
Ce qui me fait grincer des dents, c’est le vide derrière cette façade, régi par les plus sombres lois de l'égoïsme ambiant. Les gens qui s'écrivent des commentaires simplement pour faire de la pub pour leur propre site. Les "amis" qui viennent attirer de nouveaux lecteurs, des groupes qui glissent la date de leur prochain concert, des écrivains en herbe qui laissent l'adresse de leur blog où on pourra découvrir les premières pages de leur roman… Entre deux "lol", il n'y a pas grand chose de profondément amical là-dedans.
A présent, l’intérêt d’une personne se mesure à l’aune de sa liste d’amis virtuels. Plus ils sont exotiques ou célèbres, plus on est quelqu'un de génial, semble-t-il. On se courtise à coups de naming. On se montre, on se donne à voir, on s'affiche, on se crée une vie d'illusions parfaites et finalement on ne fait que masquer sa solitude. On est tout seul devant son ordinateur, à jongler avec des dizaines de noms et de visages. On a des vrais amis qui habitent trois rues plus loin, mais on leur parle par Internet toute la nuit. On laisse toujours un mot pour dire qu’on s’apprête à filer à une soirée excitante, on étale notre vie bien remplie, mais alors comment ça se fait qu’on a autant de temps pour remettre notre profil à jour, comment ça se fait qu’on arrive à se connecter quotidiennement ?
Il semble qu'on ne sache plus être bien seul avec nous-mêmes, que la solitude n'est pas socialement acceptable. On se recrée des sociabilités virtuelles, chacun isolé dans son petit appartement, chacun devant son écran. On se parle par commentaires de blogs interposés, on se dit par Internet ce qu'on ne sait pas dire les yeux dans les yeux.
Bizarrement, moi, quand j'ai envie de parler à des amis, je les appelle, je les retrouve devant un café, je leur offre un bout de mon canapé et un verre de vin, je leur chante "joyeux anniversaire" au téléphone, je débarque chez eux avec des petits gâteaux ou une grosse pizza. J’aime entendre le son de leur rire, lire la complicité dans leur regard, sentir leur chaleur. J’aime qu’il n’y ait rien à demander, rien à échanger, pas de pub, que le plaisir d’être ensemble.
Et dire ça, aujourd'hui, semble délicieusement désuet.
14:10 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.05.2008
Histoires de chiens
"Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien". Quoi de meilleur, franchement, qu'un bon chien frétillant qui vous saute dessus avec ses pattes terreuses quand vous rentrez, pose ses babines baveuses sur votre avant-bras quand vous mangez, se couche sur vos pieds quand vous bouquinez, dévore vos chaussures neuves, laisse des poils sur votre canapé, terrorise le facteur...?
Chez nous, on aime les chiens, c'est de famille.
Ma grand-mère ne s'est-elle pas fâchée à mort avec son boucher qui a refusé de lui vendre du filet quand il a su que c'était pour le chien ? Qu'à cela ne tienne, elle a changé de boucher !
Au commencement était un chien, puisque sans lui mes parents ne se seraient jamais mariés, et je ne serais même pas là pour vous en parler.
Et puis, il y a eu un boxer, qui a mangé le chapeau du curé le jour de mon baptême, c'est dire si ça me plaçait sous de bons auspices.
Qui a traversé la fenêtre de la voiture pour courser avec une belle vivacité un oncle qui avait osé me faire un sourire à travers la vitre, ramenant fièrement à mes pieds d'enfant le fond de son pantalon.
Et puis un gros berger allemand, qui dormait devant la porte de la chambre de ma petite soeur parce qu'elle faisait des cauchemars.
Et un bosron qui a dévoré les mollets d'un vilain pervers venu secourir ma grande soeur sur l'autoroute, lui proposant bien volontiers son aide en échange de quelque menu service.
Et un petit Jack Russell qui a sauvé ma petite soeur de la dépression.
Et puis un petit chien tout plein de poils, avec l'arrière-train comme indépendant du reste du corps, et une bonne tête de berger, et une collection de balles de tennis.
Gageons que le paradis des chiens est plein de grands chênes, de reverbères, de balles de tennis et de chapeaux de curé.
15:18 Publié dans Les autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chiens
23.05.2008
La Petite Maison
12:20 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Télé, petite maison dans la prairie
22.05.2008
L'Italie pour les temps gris
Bon alors voilà.
Le temps, à Paris, c'est plus ce que c'était. Il pleuviote, il crachine, il grisaille. Des petites particules de pollen vous piquent les yeux et vous chatouillent la gorge. Vos chaussures prennent l'eau et vos pieds font "floc-floc" quand vous tentez d'arpenter dignement les trottoirs des beaux quartiers.
Et puis, le ciné, c'est plus ce que c'était non plus, hein, avouons-le bien humblement. De gros blockbusters américains à fort taux d'hémoglobine, de muscles luisants et de répliques de type "hein ?", ou bien des films comiques franco-franchouillards avec acteurs à torse velu avec des répliques de type "pouet-pouet".
Alors, comment échapper à la fois au temps et aux films pourris ?
Maix voyons, tout simplement en misant sur un petit film comme on les aime, enlevé, drôle, attachant, un rien grinçant, avec une bande-son jouissive et... (cerise sur la gâteau)...en italien s'il vous plaît !
A savoir Non Pensarci (le titre en français étant - ah ah ! - Ciao Stefano), petit bijou cinématographique, sacré avec raison meilleur film au Festival de Venise 2007.
Que vous dire, chers lecteurs, à part : "Courez-y !" (vous devriez déjà y être).

12:15 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film
21.05.2008
Marie-Antoinette (enfin, l'article corrigé !)
Marie-Antoinette, c'est comme Jeanne d'Arc : on a dit tout et son contraire sur elle, au point qu'elle confine au mythe et que les images d'Epinal et le cinéma s'en sont emparés si bien qu'on ne sait plus si elle avait vraiment les yeux bleus de Michèle Morgan ou les épaules rachitiques de Kirsten Dunst (sans surprise, la réponse à cette dernière question est non).
Marie-Antoinette, c'est comme la corrida : certains l'adorent, d'autres la détestent, mais personne n'est capable d'avoir un avis dépassionné sur la question. Biographes amateurs et universitaires en font tour à tour une digne mère de famille prise dans la tourmente, une héroïne (il n'y a qu'à voir les sous-titres de ses biographies, à faire pâlir d'envie les éditeurs de la collection Harlequin : "Marie-Antoinette l'insoumise", "Marie Antoinette, le scandale du plaisir"), une martyre, une salope, bref il y en a pour tous les goûts.
Marie-Antoinette, c'est comme Marie Stuart : si elle avait gardé sa tête, personne n'en parlerait plus, tout comme ce bon vieux James Dean, d'ailleurs (franchement, vous avez revu "La Fureur de vivre", récemment ? Je ne vous le conseille pas).
Marie-Antoinette, c'est comme le béret, la baguette et l'accordéon : un truc infaillible et qui sent bon la France pour faire venir la larme à l'oeil de la plus choucroutée des américaines.
Alors voilà, vous l'aurez compris, moi, Marie-Antoinette, je ne comprends pas bien le foin qu'on peut faire autour d'elle. Ni pourquoi l'Histoire l'a retenue, elle, au détriment de Blanche de Castille, Catherine de Médicis, Louise de Savoie... pour ne parler que des françaises.
Elle n'était pas vraiment belle, pas franchement cultivée, pas spécialement animée d'une force de caractère implacable, et pas spécialement détentrice d'un goût très sûr (voir la débauche de roses et de perles qui dégouline de tous ses meubles). Elle était frivole, indolente, sans aucun sens politique. Elle était juste une gamine un peu imbue d'elle-même propulsée au premier rang d'un monde où chacun de ses faits et gestes relevait du public. En cela, elle est effectivement pathétique, mais ce fut aussi le cas d'Elisabeth d'Autriche, débarquée à la Cour sans parler un mot de français, délaissée par son époux, renvoyée outre-Rhin après la mort prématurée de ce dernier. Et que dire de la petite Marguerite d'Autriche, promise au futur Charles VIII, élevée à la Cour entre 3 et 11 ans, et subitement renvoyée dans ses foyers pour cause de parti plus intéressant ?
Bref.
Vous avez bien saisi, donc, je suis moi-même loin d'être neutre en la matière et Marie-Antoinette ne fait pas vraiment partie de mon "top five" des héroïnes historiques. Pourtant, je suis allée à l'expo du Grand Palais qui lui était dédiée et qui, je dois dire, était particulièrement intéressante. Après l'expo Courbet si décevante, autant pour les peintures elles-mêmes que pour la présentation dénuée de tout commentaire compréhensible, j'avais...comment dire...un a-priori.
Et puis je me suis retrouvée propulsée dans un chef-d'oeuvre d'art muséographique. Une expo parfaite. Une présentation à la fois chronologique et thématique, sous forme d'enfilades de pièces où les oeuvres exposées restituent parfaitement le contexte. Les commentaires sont bienvenus, bien écrits, très éclairants, mêlant l'information historique à l'anecdote de cour. La décoration des pièces, le fond sonore... tout est fait pour nous faire "sentir" (ce mot cher à l'historien) cette fin de XVIIIe siècle.
La partie réservée aux arts, avec cette déferlante de porcelaines, de petits fauteuils, de trésors d'orfèvrerie, avec, en point d'orgue le fameur Collier de la Reine, laisse un goût amer, comme un symbole du décalage effarant entre la Cour et le peuple qui crève de faim.

Et puis, bien sûr, la dernière salle, tendue de noir, dédiée à la captivité et à la mort de la famille royale, avec des extraits de lettres de la reine qui font un triste écho au fameux "Rien" que Louis XVI nota dans son journal le 14 juillet 1789. Le mobilier du Temple semble faire un pied de nez tragique aux secrétaires en nacre et aux écritoires en marquetterie des salles précédentes. La coiffeuse de la reine, trônant dans tout son dépouillement, avec son miroir vieilli dans lequel mon reflet semble jailli d'un temps révolu, et dans lequel Marie Antoinette s'est contemplée une dernière fois avant de monter à l'échafaud, est à coup sûr l'une des pièces les plus émouvantes.
Vraiment une très belle exposition, à voir absolument.
11:45 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : expo, Paris
La boulette
11:40 Publié dans Les choses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


