03.08.2008

Les jours de travail

Les journées défilent à une vitesse étrange.

 

Le temps se déroule au ralenti, devant mon écran d'ordinateur. Les papiers autour de moi forment une improbable tour de pensées, fulgurantes, brillantes ou fumeuses, qui se mêlent, s'interpénètrent, se perdent aussi parfois. Les livres s'entassent, et se déposent un peu partout dans l'appartement, côtoyant amicalement les mugs de thé, les bouteilles d'eau, les bâtons d'encens. Retour au foutoir intellectuel de mes 25 ans, Manu Chao qui n'en finit pas de sussurrer à mes oreilles, le parfum du patchouli, l'envie d'une clope, le plaisir de travailler (si, si). 

 

Et en même temps les heures s'écoulent une à une sans que je les voie passer, au rythme du CD qui tourne en boucle. Le soleil laisse place au crépuscule, les voisins tirent leurs rideaux, les fleurs fanent, mon estomac se rappelle à mon bon souvenir. La nuit tombe, je n'ai rien vu venir, je tente une approche de la fenêtre, j'enjambe Charles le Téméraire et René d'Anjou, j'adresse un sourire au bouddha imperturbable, et je me penche au dehors, je sens la fraîcheur de l'air du soir, j'entends le vent bruisser doucement dans les feuilles, je sens la chaleur de la journée qui remonte du sol, j'emplis mes poumons et mes yeux, et ma mémoire. Je souffle. 

 

Quelque chose en moi est en train de sourire.

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