19.08.2008
A une passante

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Charles Baudelaire
12:15 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Baudelaire, Munch, peinture


Commentaires
The wind it blows, the vessel goes,
And where and whither, no one knows.(Ah clough)
on trouve parfois dans les rues des bouts de nous mm
peut-on les retenir pour autant!
amicalment
Ecrit par : mocka | 20.08.2008
Et doit-on le faire ? Parfois c'est la fugacité de l'instant qui le rend si savoureux.
Merci pour ce joli extrait de Clough.
Ecrit par : Elseneur | 22.08.2008
c le gout de l'inassouvi qui le rend si savoureux peut être ? on aime les choses qui nous échappent
Ecrit par : mocka | 22.08.2008
Hélas...!
Ecrit par : Elseneur | 22.08.2008
Ecrire un commentaire