21.05.2008
La boulette
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18.06.2007
"La plupart des larmes amères sont versées sur des prières exaucées" T. D'Avila
Des voeux, en veux-tu en voilà, des voeux pour tout, des voeux naïfs, des voeux dramatiques. Des voeux pour réussir son bac, des voeux pour réussir sa vie, des voeux pour se marier, des voeux pour divorcer, des voeux pour vivre encore un peu, des voeux pour réussir à mourir, des voeux pour remettre à d'autres ce qu'on ne sait pas faire tout seul, des voeux désespérés, des voeux riants. ![]()
Des voeux de petite fille, des voeux de vieille dame. Des voeux pour soi, des voeux pour les êtres aimés. Des voeux pour pouvoir revenir, des voeux pour avoir la force de partir. Des voeux d'amoureux, des voeux de malades, des voeux universels, des voeux tellement personnels.
Des voeux délicatement accrochés à des flammèches gracieuses, des voeux griffonnés sur de petits papiers. L'infiniment fragile porteur de tous ces messages, de tous ces besoins, de tous ces espoirs. Toutes ces solitudes s'entremêlant dans la multitude des souhaits.
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26.01.2007
Du noir & du blanc (bis)
Mon amoureux, cet astre (pour emprunter l'expression à une admirable journaliste de presse féminine qui j'espère me pardonnera d'autant plus que je la qualifie ici d'admirable), a récemment jeté un oeil sur ce blog et s'est déclaré surpris d'y trouver des choses que je ne montre pas dans la vie de tous les jours (affreuse cachottière que je suis), et perturbé notamment par ce noir et blanc qui semble peu compatible avec mes cheveux rouges (on le saura) et mon petit monde coloré.
Ce qui m'a amenée à réfléchir sur le fossé évident qui existe entre ce que nous sommes et ce que nous montrons de nous. Cela m'a fait repenser à une fantastique expo au Musée Jacquemart-André sur "l'Homme et ses masques". Le recours aux masques semble inhérent à chaque civilisation, comme si se cacher était un besoin primaire. Besoin d'être un autre ou (comme je le pense) besoin de se dissimuler pour pouvoir finalement être soi-même ? N'est-ce pas ce que faisait le Révérend Brontë en demandant à ses enfants de s'exprimer derrière des masques, leur promettant que rien de ce qu'ils diraient alors ne serait puni ? Alors, le blog serait-il le nouveau masque du XXIe siècle (quelle belle expression pompeuse...), qui permet d'être soi à l'abri derrière son écran ou de s'inventer d'autres soi-mêmes ? Mais pourquoi parvient-on si aisément à montrer différentes facettes de soi à des internautes inconnus quand on ne le peut visiblement pas avec ceux qui partagent notre vie ?
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24.01.2007
Ode à (feue) ma baignoire
Il y a de cela plusieurs mois maintenant, j'ai vécu une déchirante rupture qui m'a laissée comme abasourdie, et nostalgique d'un temps que les moins de 20 m² ne peuvent pas connaître.
J'ai quitté ma baignoire pour un homme.
Bien sûr, au plus profond de mes nuits fiévreuses, délicieusement lovée dans la chaleur virile du corps de mon amoureux, je l'avoue avec une pointe de culpabilité : j'oublie jusqu'à l'existence de mon ancienne meilleure amie. Parfois, pourtant, souvent quand je m'y attends le moins, au détour d'une publicité pour un bain moussant où une délicate créature évanescente toute en os saillants se lisse négligemment la peau d'un mollet émergeant d'un océan de mousse parfumée, voire lorsque je me surprends à ressentir une pointe d'envie envers l'inscouciant bébé de ma copine C. qui gazouille de ravissement dans son eau à 37°, un lancinant regret m'assaille.
Car ma baignoire était la pièce maîtresse d'une vraie salle de bain, assez vaste pour y étendre du linge tout en s'y étendant soi-même pour exécuter quelques bénéfiques postures de yoga de type "la flûte de Rama" (bon, en fait, "la flûte de Rama" se fait debout, et non étendu, mais c'est plus joli à écrire que "le cobra"...). Ma baignoire était blanche comme la neige et assez longue pour que je puisse m'y étendre de tout mon long avec délectation.
Elle savait se montrer à la hauteur dans les moments cruciaux : anti-stress quand j'y marinais des heures avant de passer des oraux, jetant un oeil de plus en plus torve sur les dizaines de post-it de révision qui tapissaient les murs. Consolatrice, quand je m'y jetais avec rage après une déception (sentimentale, professionnelle, culinaire, mais le plus souvent capillaire) en me laissant bercer par sa douce chaleur réconfortante. Complice quand je me glissais voluptueusement dans ses eaux au caramel en chantant (mal) par dessus la voix tragique de Billie Holiday, avant d'aller chercher mon amoureux à la gare. Accueillante quand je l'utilisais comme canapé de luxe pour y lire un bon pavé.
Et puis un jour, il a fallu faire un choix : vivre (seule) avec ma baignoire ou vivre (avec l'Homme) sans baignoire. A ma grande honte, je reconnais ici l'avoir trahie sans (presque) un regard en arrière. Je l'ai quittée pour une douche malicieuse qui se prend pour une écossaise, distillant le chaud et le froid au gré de ses humeurs.
Aujourd'hui, quand le temps est gris et que Billie Holiday s'évertue à se dire "happy as a queen", je songe un instant à sa nouvelle vie, sans moi, avec d'autres. J'essaie d'imaginer quel type de fesses lui effleurent aujourd'hui l'émail, et je me demande si elle aussi, elle pense parfois à moi.
et pour fantasmer un peu (surtout toi, lecteur parisien, avec ta micro salle de bain) ...
http://www.masalledebain.com/rechercher/rechercher.php4?i...
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16.11.2006
noir & blanc
Mon blog a un petit côté pompeux (et pas voulu, pourtant), je trouve.
Shakespeare, Beethoven, du noir et blanc...
Ma vie, pourtant, est plutôt colorée : j’ai les cheveux rouges, c’est dire. Mais peut-être qu’à force de sourire tout le temps à tout le monde et d’être marrante parce que les gens vous préfèrent comme ça, il arrive un moment où ce qu’on veut extérioriser, ce sont nos démons, nos angoisses, nos moments de tristesse infinie, la fuite du temps et tout ce qu’on n’a pas encore réalisé, tout ce qu’on ressasse quand on a trop bu et qu’on se fume une clope à la fenêtre avec Cohen qui égrène des chagrins en fond sonore.
Dans ces cas-là, c'est Shakespeare qui sert d'exutoire.
Alors voilà.
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