18.06.2008
"Raggiandomi d'un riso / Tal che nel fuoco faria l'uom felice"
S'il est une femme que la plume d'un poète a transfigurée, c'est bien Beatrice. Muse sans même le savoir, son statut de mortelle a été transcendé par la grâce de Dante qui en fait l'incarnation de la Sagesse divine. C'est elle qui envoie Virgile secourir le poète pris au piège de la "selva oscura". Plus tard, Dante quitte son guide pour suivre Beatrice à travers les neuf cieux jusqu'à l'Empyrée : il laisse ainsi derrière lui les passions matérielles pour avancer avec elle vers l'illumination philosophique et divine.
On sait peu de choses de la vraie Beatrice, ou Brice Portinari (1266-1290), si ce n'est que Dante la croisa probablement deux fois : d'abord, enfant, à l'église (la légende veut qu'il tombe fou amoureux d'elle à ce moment-là) puis neuf ans plus tard au détour d'une ruelle florentine.
L'amoureux de Florence n'a pu omettre de laisser ses pas le guider sous un joli porche ombragé, jusqu'à la petite église de Santa Margherita de' Cerchi, dite d'ailleurs "Chiesa di Dante", où la fameuse rencontre eut lieu, et où Beatrice se maria, puis fut inhumée. Sa tombe est nichée dans la fraîcheur de ce lieu sombre et réellement émouvant par sa gracieuse simplicité.
Dante a fait de cette femme à peine entrevue un idéal de beauté, de vertu et de sagesse, l'ange gardien salvateur de l'homme égaré dans les méandres de la vie terrestre, cette forêt obscure où il est si aisé de se perdre. Il n'en faut pas plus pour que les Préraphaélites s'emparent de l'image de Beatrice, comme ils l'ont fait de tant d'autres héroïnes mythologiques ou littéraires, à commencer par Ophélie.

Henri Holiday réinvente la rencontre du poète et de sa muse aux abords du Ponte Vecchio, une image que tout visiteur de Florence a trouvé au-dessus de son lit ou au détour de quelque couloir d'hôtel. Rossetti (Dante de son prénom) lui donne les traits de la femme aimée et perdue, Elizabeth Siddal, dont la beauté mystique sublime leur amour par-delà la mort.

L'Italie a bien sûr récupéré Dante, lequel, en réalisant la première somme poétique en langue vulgaire quand le latin restait le maître incontesté de la littérature, a fait don de sa langue à la nation unifiée dont il est devenu le lieu de mémoire.
Détail amusant : lorsqu'elle apparaît au poète aux portes du Paradis, Beatrice a "les épaules couvertes d'un manteau vert / elle était vêtue d'une draperie couleur de flamme ardente / un voile blanc et une couronne d'olivier ornaient encore sa tête" (Purgatoire, XXX, 22) : un vert, un rouge et un blanc annonciateurs...
Des couleurs que William Blake conserve scrupuleusement lorsqu'il représente cette apparition. Elles symbolisent les trois vertus théologales incarnées en Beatrice, par lesquels s'ouvre l'accès à Dieu : l'Espoir, la Charité, et la Foi.

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A voir, une toute récente édition de la Divine Comédie, illustrée par Botticelli himself, qui y consacra 15 années de sa vie (Editions Diane Selliers, "La petite collection", 2008).
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16.06.2008
A Silvia
Silvia, rimembri ancora
Quel tempo della tua vita mortale,
Quando beltà splendea
Negli occhi tuoi ridenti e fuggitivi,
E tu, lieta e pensosa, il limitare
Di gioventù salivi?
Sonavan le quiete
Stanze, e le vie dintorno,
Al tuo perpetuo canto,
Allor che all'opre femminili intenta
Sedevi, assai contenta
Di quel vago avvenir che in mente avevi.
Era il maggio odoroso: e tu solevi
Così menare il giorno.
Io gli studi leggiadri
Talor lasciando e le sudate carte,
Ove il tempo mio primo
E di me si spendea la miglior parte,
D'in su i veroni del paterno ostello
Porgea gli orecchi al suon della tua voce,
Ed alla man veloce
Che percorrea la faticosa tela.
Mirava il ciel sereno,
Le vie dorate e gli orti,
E quinci il mar da lungi, e quindi il monte.
Lingua mortal non dice
Quel ch'io sentiva in seno.
Che pensieri soavi,
Che speranze, che cori, o Silvia mia!
Quale allor ci apparia
La vita umana e il fato!
Quando sovviemmi di cotanta speme,
Un affetto mi preme
Acerbo e sconsolato,
E tornami a doler di mia sventura.
O natura, o natura,
Perché non rendi poi
Quel che prometti allor? perché di tanto
Inganni i figli tuoi?
Tu pria che l'erbe inaridisse il verno,
Da chiuso morbo combattuta e vinta,
Perivi, o tenerella. E non vedevi
Il fior degli anni tuoi;
Non ti molceva il core
La dolce lode or delle negre chiome,
Or degli sguardi innamorati e schivi;
Né teco le compagne ai dì festivi
Ragionavan d'amore.
Anche peria fra poco
La speranza mia dolce: agli anni miei
Anche negaro i fati
La giovanezza. Ahi come,
Come passata sei,
Cara compagna dell'età mia nova,
Mia lacrimata speme!
Questo è quel mondo? questi
I diletti, l'amor, l'opre, gli eventi
Onde cotanto ragionammo insieme?
Questa la sorte dell'umane genti?
All'apparir del vero
Tu, misera, cadesti: e con la mano
La fredda morte ed una tomba ignuda
Mostravi di lontano.
Giacomo Leopardi
16:38 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, Italie
09.06.2008
"Come passata sei, cara compagna dell'età mia nova"
Il y a des jours, comme ça, où ça me prend sans prévenir, de manière totalement inattendue.
Un geste, un souffle de vent, une chanson, un accent, une odeur de café, et voilà que ça revient.
Une envie d'Italie.


J'ai toujours gardé en moi la sensation qu'elle est à portée, qu'il suffit de monter dans un train, de s'endormir et de se réveiller là-bas. Cette sensation qui me tenait chaud, jusqu'à présent. Rien n'était grave puisque Florence était à quelques heures de train, comme un hypothétique refuge, un écrin pour les rires, un rocher pour les noyés.
Et la voilà qui s'éloigne à petits pas.
14:30 Publié dans Les voyages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voyages, Italie, photo
22.05.2008
L'Italie pour les temps gris
Bon alors voilà.
Le temps, à Paris, c'est plus ce que c'était. Il pleuviote, il crachine, il grisaille. Des petites particules de pollen vous piquent les yeux et vous chatouillent la gorge. Vos chaussures prennent l'eau et vos pieds font "floc-floc" quand vous tentez d'arpenter dignement les trottoirs des beaux quartiers.
Et puis, le ciné, c'est plus ce que c'était non plus, hein, avouons-le bien humblement. De gros blockbusters américains à fort taux d'hémoglobine, de muscles luisants et de répliques de type "hein ?", ou bien des films comiques franco-franchouillards avec acteurs à torse velu avec des répliques de type "pouet-pouet".
Alors, comment échapper à la fois au temps et aux films pourris ?
Maix voyons, tout simplement en misant sur un petit film comme on les aime, enlevé, drôle, attachant, un rien grinçant, avec une bande-son jouissive et... (cerise sur la gâteau)...en italien s'il vous plaît !
A savoir Non Pensarci (le titre en français étant - ah ah ! - Ciao Stefano), petit bijou cinématographique, sacré avec raison meilleur film au Festival de Venise 2007.
Que vous dire, chers lecteurs, à part : "Courez-y !" (vous devriez déjà y être).

12:15 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film, Italie
16.07.2007
"Italie, doubles visions"




09:35 Publié dans Lire, voir, écouter | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, photo, expo, Italie
18.06.2007
Zibaldone

Photos de Giacomelli et poésie de Leopardi se sont répondues il y a deux ans dans une superbe exposition présentée à la BNF. La preuve, s'il en fallait une, que la poésie italienne ne s'est pas arrêtée à Dante, loin de là.
Non gli uomini solamente, ma il genere umano fu, e sarà sempre, infelice di necessità. Non il genere umano solamente, ma tutti gli animali. Non gli animali soltanto ma tutti gli altri esseri a loro modo. Non gli individui, ma le specie, i generi, i regni, i globi, i sistemi, i mondi.
Entrate in un giardino di piante, d'erbe, di fiori. Sia pur quanto volete ridente. Sia nella più mite stagione dell'anno. Voi non potete volger lo sguardo in nessuna parte che voi non vi troviate del patimento. Tutta quella famiglia di vegetali è in istato di souffrance, qual individuo più, qual meno. Là quella rosa è offesa dal sole, che gli ha dato la vita ; si corruga, langue, appassisce. Là quel giglio è succhiato crudelmente da un’ape, nelle sue parti più sensibili, più vitali. Il dolce mele non si fabbrica dalle industriose, pazienti, buone, virtuose api senza indicibili tormenti di quelle fibre delicatissime, senza strage spietata di teneri fiorellini.
Quell’albero è infestato da un formicaio, quell’altro da bruchi, da mosche, da lumache, da zanzare; questo è ferito nella scorza e cruciato dall’aria o dal sole che penetra nella piaga; quello è offeso nel tronco, o nelle radici ; quell’altro ha foglie più secche; quest’altro è roso, morsicato nei fiori; quello trafitto, punzecchiato nei frutti. Quella pianta ha troppo caldo, questa troppo fresco; troppa luce, troppa ombra; troppo umido, l’altra non trova dove appoggiarsi, o si affatica e stenta per arrivarvi. In tutto il giardino tu non trovi una pianticella sola in istato di sanità perfetta. Qua un ramicello è rotto o dal vento o dal suo proprio peso ; là un zeffiretto va stracciando un fiore, vola con un brano, un filamento, una foglia, una parte viva di questa o quella pianta, staccata e strappata via. Intanto tu strazi le erbe co’ tuoi passi; le stritoli, le ammacchi, ne spremi il sangue, le rompi, le uccidi. Quella donzelletta sensibile e gentile, va dolcemente sterpando e infrangendo steli. Il giardiniere va saggiamente troncando, tagliando membra sensibili, colle unghie, col ferro.
Certamente queste piante vivono ; alcune perchè le loro infermità non sono mortali, altre perchè ancora con malattie mortali, le piante, e gli animali altresi, possono durare a vivere qualche poco di tempo. Lo spettacolo di tanta copia di vita all’entrare in questo giardino ci rallegra l’anima, e di qui è che questo che ci appare essere un soggiorno di gioia. Ma in verità questa vita è trista e infelice, ogni giardino è quasi un vasto ospitale (luogo ben più deplorabile che un cemeterio), e se questi esseri sentono o, vogliamo dire, sentissero, certo è che il non essere sarebbe per loro assai meglio che l’essere.
Bologna, 19 e 22 aprile 1826
Giacomo Leopardi.22:20 Publié dans Les plaisirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, photo, expo, Italie

