10.09.2008
La Mort des Amants

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux;
Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, CXXI.
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Les Anglais poussent le romantisme jusqu'à faire des pierres tombales mixtes, battues par les vents, au milieu de nulle part, sans autre paysage que la lande à perte de vue.
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07.09.2008
Adoucissons nos moeurs

Les deux morceaux de Beethoven que je préfère entre tous (même si les orchestrations de ces extraits sont loin d'être les meilleures, mais on prend ce qu'on peut où on peut, ma pauvre dame)
Et tant qu'on y est (allez, c'est dimanche), ne nous privons pas de l'Hymne à la Joie.
Un peu de chair de poule dans le creux de la nuque n'a jamais fait de mal à personne.
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17.11.2006
"And after all, I'm only sleeping"
Les cimetières protestants, et particulièrement ceux des pays nordiques, dégagent une impression de sérénité qui donne envie de s’asseoir sur un banc parmi les arbres tordus et les herbes folles pour arrêter un peu le cours du temps et se recentrer.

Quand elle est morte, la seule chose dont je me souvienne est de m’être arrêtée pour regarder les branches d’un arbre onduler légèrement dans le soleil hivernal, et c’est là que m’a frappé l’idée que le monde allait continuer à tourner, sans elle, alors même qu'elle n'était plus là. Depuis, le bruissement des feuilles dans les arbres me fait inexorablement penser à ça, au monde qui continue à exister quoi qu'il arrive.

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