07.08.2008

Quand l'aube se lève

Terrible orage d'été dans les lueurs du petit matin, des éclairs zébrant la chambre de bleu, une pluie diluvienne ricochant sur les corniches.

Un véritable plaisir.

05.08.2008

"Nous commençons toujours notre vie sur un crépuscule admirable"

Peut-on décemment passer toute une nuit à écrire un article sur la Vierge tout en écoutant Manu Chao et en buvant du Porto ? Est-ce bien compatible ? Voilà en gros la question existencielle du jour, qui m'assaille seulement maintenant que le crépuscule pointe au-delà des arbres (oui, maintenant dans le 16e j'ai vue sur des arbres et non plus sur des cheminées. Un luxe inouï que je savoure comme il se doit, avec tout de même parfois un petit pincement de regret pour le coucher de soleil orangé qui s'abattait sur les toits fatigués de l'Est parisien). L'accouchement de ce foutu travail se fait dans la douleur, mais sa relecture aura un goût de vin sucré et de chocolat aux noisettes dans la lueur fanée des petits matins clairs.
 
 
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[Les fresques de Fra Angelico sont très certainement les plus belles choses que j'aie vu de ma vie]
[Ca n'a rien à voir mais je tenais à le rajouter]
[...!]
 

04.08.2008

Un (autre) instant avec Leonard

 

 

 

Décidément, je crois que je n'arrive pas bien à passer à autre chose pour le moment (hormis Manu Chao qui, on l'aura compris, accompagne l'accouchement douloureux de mon travail au point que j'envisage de le citer dans les remerciements). Le souvenir d'une petite nuit d'été et de boue reste encore accrochée en moi, quelque part, et Leonard, Leonard est comme toujours là au bon moment. Je l'ai écouté en boucle assise sur mon plancher grinçant par de froides nuits de février où le temps ne voulait pas reprendre son cours. Je l'ai écouté des nuits entières dans l'obscurité zébrée d'éclats de lune. Je l'ai écouté sans discontinuer, encore et encore, jusqu'à ce que j'en tombe de sommeil, jusqu'à ne plus penser à rien, jusqu'à parvenir, enfin, à faire le vide. Et je l'écoute encore aujourd'hui, apaisée par les certitudes tristes qu'il sème derrière lui.

03.08.2008

Les jours de travail

Les journées défilent à une vitesse étrange.

 

Le temps se déroule au ralenti, devant mon écran d'ordinateur. Les papiers autour de moi forment une improbable tour de pensées, fulgurantes, brillantes ou fumeuses, qui se mêlent, s'interpénètrent, se perdent aussi parfois. Les livres s'entassent, et se déposent un peu partout dans l'appartement, côtoyant amicalement les mugs de thé, les bouteilles d'eau, les bâtons d'encens. Retour au foutoir intellectuel de mes 25 ans, Manu Chao qui n'en finit pas de sussurrer à mes oreilles, le parfum du patchouli, l'envie d'une clope, le plaisir de travailler (si, si). 

 

Et en même temps les heures s'écoulent une à une sans que je les voie passer, au rythme du CD qui tourne en boucle. Le soleil laisse place au crépuscule, les voisins tirent leurs rideaux, les fleurs fanent, mon estomac se rappelle à mon bon souvenir. La nuit tombe, je n'ai rien vu venir, je tente une approche de la fenêtre, j'enjambe Charles le Téméraire et René d'Anjou, j'adresse un sourire au bouddha imperturbable, et je me penche au dehors, je sens la fraîcheur de l'air du soir, j'entends le vent bruisser doucement dans les feuilles, je sens la chaleur de la journée qui remonte du sol, j'emplis mes poumons et mes yeux, et ma mémoire. Je souffle. 

 

Quelque chose en moi est en train de sourire.

26.05.2007

...et la place Blanche a mauvaise mine

Paris dort, je suis la seule à produire un petit point lumineux dans la rue. A cette heure tardive, je travaille encore, avec Coco Rosie dans les oreilles, ça donne un petit air étrange et pas désagréable au spectacle de la rue déserte baignée par la lumière blafarde de la lune, détrempée par l'orage. Les voisins se sont tus, pas de toux intempestive, de petits cris, de coups répétés sur les portes, de bruits de casseroles. Juste le bruit des touches de mon clavier.

Il paraît que Paris s'éveille à cinq heures, ça me laisse peu de temps pour un sommeil réparateur. Mais j'aime bien, je profite, j'ai l'impression que tout est à moi, les toits d'ardoise, les pans de murs qui s'écroulent, les échafaudages, les pavés humides. Triste petit royaume, mais pour l'instant ça me suffit.

Et je m'en grillerais bien une.

Quand j'aurais fini tout ça, j'espère bien que mon royaume sera fait de grandes étendues, de lacs et de forêts, loin, loin, loin des sinistres petites misères humaines qui sont en train de me plomber.