09.08.2008

Le monde est une femme, qu'on se le dise

Mouton moutonnant parmi le flux incessant des parisiens grégaires arpentant sans relâche les couloirs humides du métro parisien, je passe et repasse chaque jour devant des dizaines d'affiches vantant les derniers films, les dernières expos, les dernières pièces de théâtre et j'en passe.

L'une d'elles me happe régulièrement. N'ayant longtemps retenu que le gros titre, j'ai mis du temps à remarquer qu'elle vante un livre sorti récemment, plaidoyer pour la sauvegarde de la planète. Le titre : "Ma terre est une femme". Quelque pas plus loin, un nouveau titre à la con : "Chaque femme est un roman".

Et là, tandis que je traverse Paris dans l'obscurité de son ventre, je me fais la réflexion que ce genre d'expression fleurit sous la plume masculine, et que je ne vois pas bien, au fond, ce qu'il faut comprendre. Car à peu près tout peut être une femme, voyez-vous. La Terre est une femme, le monde est une femme, la poésie est une femme, l'art est une femme, l'avenir est une femme, ma cocotte minute est une femme etc etc...

Que doit-on y lire exactement ? Est-ce censé être flatteur pour la gent féminine ? Est-ce censé induire chez le mâle un instinct naturel de protection mâtiné évidemment d'un désir moite envers la Terre, le monde, la cocotte minute... en question ?

Si moi je me mets à écrire que la Terre est un homme, autant vous dire que ça tomberait complètement à plat. Un homme, visiblement, ce n'est pas poétique. C'est râpeux, c'est âpre, c'est sec, c'est déception et compagnie. En outre, si ma Terre est un homme, elle peut se débrouiller toute seule, pas besoin qu'on prenne soin d'elle, merci bien ma p'tite dame. Hé oui, on en est encore là.

Alors moi, ça me gonfle, ces considérations condescendantes, ces "c'est beau comme une femme", et ces "les femmes sont des romans, des fleuves nourriciers, des terres lointaines, des rochers..." et je ne sais quoi. 

Merde.

18.06.2008

Jeanne d'Arc et Jaurès sont dans un bateau

Bon, bon, j'en ai déjà parlé chez Pétronille, on va finir par me prendre pour une pasionaria de la cause historique, mais je ne peux pas renier ma formation, et je ne peux pas m'empêcher de m'interroger sur la légitimité d'un Président quant à la mise en avant de figures historiques réinterprétées en fonction des besoins de "la cause" (comme dirait Scarlett O'Hara, mais c'est un autre débat).
 
L'historienne en moi frémit (et se tire au Québec, c'est dire).
Et conseille la lecture de Laurence de Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnich, Comment Nicolas Sarkozy écrit l'Histoire, Agone, 2008.
 
A voir en préambule, la table des matières, la revue de presse et les interviews des auteurs ICI. 

12.10.2007

"Assieds-toi au bord de la rivière et, tôt ou tard, tu verras le cadavre de ton ennemi passer"

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26.09.2007

Une fois, pas deux

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